Enquête étiologique
Par leur fréquence, les infections urinaires isolées sont largement la cause prédominante, mais elles peuvent masquer une tumeur sous-jacente. C'est pourquoi, dans la démarche diagnostique, il faut avoir en arrière-pensée la possibilité d'une papillomatose vésicale, notamment en cas de facteurs de risque carcinogènes.
Le tableau clinique rend habituellement le diagnostic d'infection urinaire évident devant l'association des brûlures mictionnelles au cortège symptomatique, pollakiurie, urines troubles ou nauséabondes, voire dysurie, hématurie ou fièvre.
L'âge est un élément d'orientation important. En effet, le risque de papillomatose vésicale est très faible chez l'adulte jeune mais va croissant ultérieurement. L'anamnèse s'attache alors à repérer d'éventuels facteurs de risque tels, et avant tout, le tabagisme, l'exposition aux colorants dans un contexte professionnel, ainsi qu'un comptage tuberculeux, l'origine géographique en pays d'endémie bilharzienne. L'interrogatoire fait préciser le mode de survenue des symptômes, début brutal ou progressif, irradiation pelvienne, âge de début, rapports sexuels, cycles menstruels et, les symptômes extra-urinaires associés, la pathologie neurologique congénitale ou acquise.
L'examen clinique comporte un examen somatique général, ainsi qu'un examen urogénital à la recherche de signes locaux : écoulement urétral, diverticule sous-urétral, sténose du méat, nodules épididymaires et/ou déférentiels, sensibilité et consistance prostatique au toucher rectal, globe vésical ou masse pelvienne, trophicité vulvaire, prolapsus associé.
L'examen complémentaire indispensable est l'analyse d'urines, sous forme de bandelette urinaire dans un tableau de cystite simple, complétée par une analyse cytobactériologique des urines, avec antibiogramme en cas de positivité de la culture.
Au terme de ce bilan, le diagnostic est habituellement établi. Néanmoins, il est des situations où l'étiologie n'est pas clairement définie. Il ne faut alors pas hésiter à renouveler les examens, voire à proposer des biopsies vésicales. cette attitude est proposée face au risque de laisser évoluer une pathologie tumorale vésicale, ou une tuberculose génito-urinaire, qui peuvent ne pas faire leur preuve d'emblée. De même, il ne faut pas toujours s'arrêter au diagnostic simple et reposant de « cystite ». L'infection urinaire peut parfaitement masquer une tumeur urothéliale et il faut se garder de décréter en désespoir de cause comme « psychologiques » ou « séquellaires » les brûlures mictionnelles parfaitement isolées qui peuvent être le seul symptôme d'un carcinome in situ vésical débutant.
Conclusion
Les brûlures mictionnelles sont un motif de consultation fréquent. Ce sont des douleurs cuisantes, traçantes le long de l'urètre, qui commencent avec le jet, s'exagèrent en fin de miction et se poursuivent quelques minutes après.
Les brûlures mictionnelles sont un symptôme urologique très fréquent, le
plus souvent en rapport avec une infection urinaire banale. Le risque
de cette fréquente banalité est de négliger d'autres étiologies certes
plus rares, mais dont le retard au diagnostic peut avoir des
conséquences dramatiques en termes de pronostic.