Thixotropies : à quoi sert Twitter ? |
| Écrit par sims | |
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Le Premier roman en français publié sur Twitter s’intitule Thixotropies. Sa diffusion a commencé aujourd’hui à 18h : http://twitter.com/christophesims. Chaque Twunk (fragment) ne peut dépasser 140 caractères. Ce projet, étalé sur le mois d’Août dont le côté fragmentaire peut sembler contradictoire avec la nature même d’un livre-roman, objet clos et tangible, permet d’explorer les nouvelles pistes tant littéraires qu’éditoriales ouvertes par le microblogging.
L’aspect le plus innovant de cette démarche consiste à sortir le lecteur du pari de l’achat. Par définition, un acheteur de livre ne sait pas celui-ci contient, puisque, par définition, il ne pourra savoir ce qu’il contient qu’une fois qu’il l’aura lu. Acheter un livre, c’est acheter un chat dans un sac. Là est peut-être la révolution qu’apporte Twitter : il n’est pas besoin d’acheter le livre pour le lire. L’auteur le gazouille sur le réseau et le lecteur peut goûter, apprécier, fragment par fragment, le texte. Puis, si il le souhaite, il pourra alors décider, en toute connaissance de cause, d’acheter. Soit télécharger à très bas prix une version électronique, charge à lui de l’imprimer (sans pour autant au bout du compte avoir un vrai livre.) Il pourra aussi commander le livre papier directement à l’auteur ou par l’intermédiaire d’un éditeur et/ou d’un libraire, qui peuvent encore jouer un rôle s’ils s’adaptent à cette nouvelle donne. Depuis 15 ans, toutes les tentatives faites par les éditeurs pour créer un livre électronique ont échoué. Pour une raison simple : donner à un livre électronique l’aspect d’un livre papier cumule les inconvénients des deux. C’est un peu comme donner la forme d’un cheval à une voiture : on s’arriérait dessus. Non, le support électronique doit être utilisé pour ce qu’il est : un support immatériel, sans poids, sans pages, sans papier, encore plus nomade à sa manière que son ancêtre le livre. Roland Barthes écrivait de manière prémonitoire : « Un texte est fait d'écritures multiples, issues de plusieurs cultures et qui entrent les unes avec les autres en dialogue… Mais il y a un lieu où cette multiplicité se rassemble, et ce lieu, ce n'est pas l'auteur … c'est le lecteur: le lecteur est l'espace même où s'inscrivent… toutes les citations dont est faite une écriture ; l'unité d'un texte n'est pas dans son origine, mais dans sa destination.» (in Le bruissement de la langue, Essais critiques IV, 1984). Beaucoup se demandent à quoi sert Twitter. C’est bien dans ses destinations multiples que le livre vit, c’est à dire ses lecteurs. Ce qui fait qu’à tout le moins, Twitter devrait faire réfléchir le monde de la littérature: une nouvelle forme de relation de l’écrivain avec ses lecteurs est en train de naître. A Propos de l’Auteur Christophe Sims partage son temps entre le Portugal et la Bretagne. Où, dit-il, il consacre enfin l’essentiel de son inactivité, de préférence sous le soleil, à ses addictions favorites que sont dans un ordre indistinct l’amour, la mer et l’écriture, qui sans être probablement des figures équipotentes, lui paraissent, depuis l’âge d’homme, les seules choses sérieuses au monde. Son site se trouve à: christophesims.blogspot.com
Ses livres sont à http://stores.lulu.com/christophesims
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